La hausse continue des coûts de construction en France n’est pas un phénomène abstrait : elle se répercute directement sur les contrats d’assurance immobilière, à travers un mécanisme souvent méconnu — l’indexation sur l’indice FFB 2026. Pour les propriétaires bailleurs, les syndics de copropriété et les investisseurs immobiliers, comprendre cet indice est un prérequis pour maîtriser l’évolution de leurs primes et vérifier l’adéquation de leurs garanties. Cet article vous donne accès aux valeurs actualisées de l’indice FFB en 2026, au tableau historique complet depuis 2019, et surtout aux conséquences concrètes sur vos contrats d’assurance copropriété, PNO et multirisque immeuble.
Qu’est-ce que l’indice FFB et à quoi sert-il en assurance immobilière ?
Définition et rôle de l’indice FFB
L’indice FFB, publié chaque trimestre par la Fédération Française du Bâtiment, mesure l’évolution du coût de la construction neuve en France. Il intègre l’ensemble des composantes : matériaux, main-d’œuvre, charges sociales et frais de chantier. Contrairement à l’indice INSEE du coût de la construction (ICC), qui se limite aux immeubles d’habitation, l’indice FFB reflète une réalité plus large du secteur bâtiment.
En pratique, cet indice constitue la référence utilisée par la quasi-totalité des assureurs pour revaloriser automatiquement les capitaux assurés dans les contrats d’assurance immobilière. Il s’agit d’un mécanisme contractuel : chaque année, les montants de garantie et les primes sont ajustés en fonction de la variation de l’indice FFB.
Pourquoi l’indice FFB est-il intégré dans les contrats d’assurance ?
L’objectif de cette indexation est de maintenir une cohérence entre la valeur de reconstruction d’un bâtiment et les capitaux garantis par le contrat. Sans cette revalorisation, un immeuble assuré pour 2 millions d’euros en 2019 serait aujourd’hui sous-assuré de près de 19 %, compte tenu de la hausse cumulée des coûts de construction sur cette période.
Cette clause d’indexation est particulièrement importante dans les contrats d’assurance multirisque immeuble, où la valeur de reconstruction constitue la base même du calcul des garanties. Dès lors que l’indice augmente, les capitaux sont revalorisés — et la prime suit proportionnellement.
Quel est l’indice FFB en 2026 ? Valeurs et évolution récente
Dernière valeur connue : T4 2025 — 1 187,80 points
Selon les données publiées par la Fédération Française du Bâtiment, la dernière valeur officielle de l’indice FFB s’établit à 1 187,80 points au 4e trimestre 2025. Pour mesurer correctement l’évolution de l’indice, il convient de comparer les mêmes trimestres d’une année sur l’autre : au T4 2024, l’indice se situait à 1 179,50, soit une hausse annuelle de +0,70 % entre le T4 2024 et le T4 2025.
Ce ralentissement marqué contraste avec les hausses annuelles allant jusqu’à près de 10 % observées entre 2021 et 2022 (le pic ayant été atteint au T2 2022 avec +9,88 % en glissement annuel). La publication de la valeur du T1 2026 est attendue dans les prochaines semaines.
Tendance 2024-2026 : un net ralentissement après des années de forte hausse
Après une période de forte accélération liée à la crise sanitaire et aux tensions sur les matières premières, la tendance s’est considérablement ralentie. La hausse annuelle au T1 est passée de +7,70 % (T1 2021 → T1 2022) à +5,43 % (T1 2022 → T1 2023), puis +0,95 % (T1 2023 → T1 2024) et seulement +0,61 % (T1 2024 → T1 2025).
Ce ralentissement ne doit cependant pas masquer l’effet cumulatif : depuis le T4 2019, l’indice FFB a progressé de près de 19,5 %, passant de 994,30 à 1 187,80 points. En d’autres termes, un bâtiment dont la reconstruction coûtait 1 million d’euros fin 2019 nécessiterait aujourd’hui environ 1,19 million d’euros. Cette réalité doit se refléter dans vos capitaux assurés.
Tableau historique de l’indice FFB (2019-2025)
Évolution complète, trimestre par trimestre
Pour une lecture fiable de l’évolution de l’indice FFB, il est essentiel de comparer le même trimestre d’une année sur l’autre. La colonne « Hausse annuelle » indique la variation entre le même trimestre de l’année précédente et de l’année en cours.
| Année | T1 | T2 | T3 | T4 |
|---|---|---|---|---|
| 2019 | 993,50 +1,19 % |
994,50 +0,65 % |
994,20 +0,68 % |
994,30 +0,62 % |
| 2020 | 995,10 +0,16 % |
995,20 +0,07 % |
996,80 +0,26 % |
1 000,50 +0,62 % |
| 2021 | 1 022,30 +2,73 % |
1 033,40 +3,84 % |
1 055,20 +5,86 % |
1 066,40 +6,59 % |
| 2022 | 1 101,00 +7,70 % |
1 135,50 +9,88 % |
1 142,80 +8,30 % |
1 137,00 +6,62 % |
| 2023 | 1 160,80 +5,43 % |
1 163,60 +2,47 % |
1 153,70 +0,95 % |
1 152,60 +1,37 % |
| 2024 | 1 171,80 +0,95 % |
1 172,20 +0,74 % |
1 174,60 +1,81 % |
1 179,50 +2,33 % |
| 2025 | 1 178,90 +0,61 % |
1 180,80 +0,73 % |
1 183,50 +0,76 % |
1 187,80 +0,70 % |
Sources : FFB – Indice du coût de la construction et Index-Habitation. Les pourcentages indiquent la variation annuelle par rapport au même trimestre de l’année précédente.
Point méthodologique : Ne comparez jamais deux trimestres différents (par exemple T1 avec T4) pour calculer une hausse annuelle. Seule la comparaison du même trimestre d’une année à l’autre donne une variation pertinente.
Les grandes phases d’évolution de l’indice FFB
L’évolution historique de l’indice FFB se décompose en trois phases distinctes. La période 2019-2020 correspond à une quasi-stagnation, avec des hausses inférieures à 1 % par an, dans un contexte économique relativement stable — et même un plancher à +0,07 % au T2 2020 en pleine crise Covid.
Entre 2021 et 2023, l’accélération a été brutale : la pénurie de matériaux, la hausse des coûts énergétiques et les tensions sur la main-d’œuvre qualifiée ont propulsé l’indice à des niveaux historiques, avec un pic de variation annuelle de +9,88 % au T2 2022. Depuis mi-2023, le ralentissement est net : la hausse annuelle est retombée sous la barre des 1 %, pour atteindre +0,70 % au T4 2025, un niveau proche de l’inflation générale. L’indice reste néanmoins à un niveau structurellement élevé (1 187,80 points).
Pour les propriétaires bailleurs et les syndics, cette lecture historique est essentielle : elle permet de vérifier si les capitaux assurés ont bien suivi cette progression au fil des années, ou s’il existe un décalage à corriger.
Comment l’indice FFB impacte-t-il concrètement votre assurance copropriété ?
La clause d’indexation dans votre contrat multirisque immeuble
Dans la grande majorité des contrats d’assurance copropriété, une clause d’indexation prévoit la revalorisation automatique des capitaux assurés en fonction de l’indice FFB. Concrètement, si l’indice augmente de 0,70 % sur un an (comme entre le T4 2024 et le T4 2025), vos capitaux garantis — et votre prime — seront ajustés dans la même proportion.
Il convient de vérifier que cette clause figure bien dans vos conditions particulières. Certains contrats anciens ou certaines formules économiques ne prévoient pas cette indexation automatique, ce qui expose la copropriété à un risque de sous-assurance progressif.
Que se passe-t-il en cas de sous-évaluation des capitaux ?
C’est ici que les conséquences deviennent concrètes. Si la valeur de reconstruction déclarée à votre assureur est inférieure à la réalité, l’assureur peut appliquer la règle proportionnelle de capitaux en cas de sinistre. Prenons un exemple chiffré : si votre immeuble est assuré pour 2 millions d’euros alors que sa valeur de reconstruction réelle est de 2,5 millions, l’indemnisation en cas de sinistre sera réduite proportionnellement — soit une perte de 20 % sur chaque indemnisation.
Ce n’est pas parce que votre contrat comporte une clause d’indexation que les capitaux déclarés à l’origine étaient corrects. Selon les obligations légales en matière d’assurance de copropriété, il est de la responsabilité du syndic de s’assurer que la déclaration de valeur reflète la réalité du patrimoine.
Quel est l’impact de l’indice FFB sur l’assurance PNO et les propriétaires bailleurs ?
Revalorisation des capitaux en assurance propriétaire non occupant
Pour les propriétaires bailleurs détenant un ou plusieurs lots en copropriété ou un immeuble en monopropriété, l’indice FFB intervient de la même manière : il revalorise les capitaux assurés au titre de l’assurance propriétaire non occupant. En pratique, la valeur mobilière et immobilière déclarée dans votre contrat d’assurance PNO évolue chaque année en fonction de cet indice.
Cette mécanique est particulièrement importante pour les investisseurs détenant un immeuble en monopropriété ou des lots en copropriété, où la valeur de reconstruction peut représenter plusieurs centaines de milliers d’euros.
Faut-il réviser votre déclaration de valeur ?
Oui, et régulièrement. L’indexation automatique compense l’évolution générale des coûts de construction, mais elle ne tient pas compte des travaux d’amélioration réalisés dans l’immeuble (ravalement, isolation thermique, mise aux normes). Si des travaux significatifs ont été effectués depuis la dernière évaluation, la valeur de reconstruction a mécaniquement augmenté au-delà de l’indice.
Toute chose égale par ailleurs, un immeuble rénové dont la déclaration de valeur n’a pas été mise à jour reste sous-assuré — même avec une clause d’indexation FFB active.
Comment anticiper la hausse de l’indice FFB sur vos contrats en 2026 ?
Vérifier les clauses d’indexation de vos contrats actuels
La première étape consiste à relire vos conditions particulières pour identifier la clause d’indexation. Vérifiez les points suivants : l’indice de référence utilisé (FFB ou ICC), la date de revalorisation annuelle, et la possibilité de refuser l’indexation (ce qui est rarement dans votre intérêt). Si votre contrat utilise l’ICC plutôt que le FFB, la revalorisation peut être inférieure à l’évolution réelle des coûts, selon les statistiques officielles du coût de la construction.
Checklist pratique :
- Identifier l’indice de référence dans vos conditions particulières
- Comparer la valeur de reconstruction déclarée avec la réalité actuelle
- Vérifier si des travaux récents ont modifié la valeur de l’immeuble
- Demander une réévaluation si l’écart dépasse 10 %
Comparer les offres pour optimiser vos garanties
La hausse de l’indice FFB entraîne mécaniquement une augmentation des primes. Cette augmentation est légitime si elle reflète une meilleure protection. En revanche, certains assureurs profitent de la revalorisation pour appliquer des majorations supplémentaires qui ne sont pas justifiées par le seul indice.
De nombreux propriétaires et syndics bénévoles constatent que la compréhension des mécanismes d’indexation est un vrai défi au quotidien. C’est précisément ce type d’accompagnement technique que nos clients apprécient : décrypter les évolutions tarifaires, distinguer la part liée à l’indice FFB de celle liée à la sinistralité, et identifier les leviers d’optimisation réels.
Comme le souligne l’analyse de l’impact de l’indice sur les contrats d’assurance immobilière, la comparaison des offres doit se faire à garanties équivalentes, en tenant compte non seulement de la prime mais aussi des franchises, des plafonds et des exclusions.
Conclusion
L’indice FFB poursuit sa progression en 2026 et continuera d’influencer directement le coût de vos assurances immobilières. Les trois points essentiels à retenir : vérifiez que vos capitaux assurés reflètent la valeur réelle de reconstruction de votre patrimoine, contrôlez la clause d’indexation de vos contrats, et n’hésitez pas à comparer les offres lorsque la hausse de prime vous semble disproportionnée.
Si vous constatez un écart significatif entre vos garanties actuelles et la réalité de votre patrimoine, ou si vous souhaitez vérifier que votre contrat d’assurance copropriété, PNO ou multirisque immeuble est correctement indexé, Jassuremonbien.com vous accompagne dans cette analyse, sans engagement. Consultez également notre précédent article sur l’indice FFB au 1er trimestre 2023 et notre dossier sur l’indice FFB au 2e trimestre 2023 pour suivre l’évolution complète de cet indicateur clé.

Après avoir travaillé pendant 20 ans auprès des administrateurs de bien, j’ai fait d’une passion pour l’immobilier mon métier.
D’abord négociateur en location, j’ai ensuite occupé des fonctions de conseiller privé en investissement locatif au sein d’un groupe leader du marché de l’administration de biens en France.
J’ai évolué en quittant le coeur du métier pour commercialiser des solutions aux gestionnaires locatifs et syndics professionnels : externalisation de documents, d’états des lieux.
Depuis 2016, je me suis spécialisé dans les solutions d’assurances auprès des Administrateurs de biens : Dommages ouvrage, multirisques immeuble, PNO, GLI, multirisques Habitation. Tout d’abord comme salarié, puis en 2021, j’ai décidé de me lancer dans l’entreprenariat en créant mon cabinet de courtage d’assurance : DARGENCY
Parallèlement à mon activité professionnelle, j’ai investi dans 5 biens destinés à la location, j’ai pu mettre en pratique avec succès les connaissances acquises dans mon activité professionnelle.

